L’Europe précarisée
L'Humanité, 27 October 2008
Le Parti de la gauche européenne dénonce la pression exercée sur les salariés.
Crise oblige, le Parti de la gauche européenne (PGE) a tenté ce week-end, à Bruxelles, de donner une nouvelle impulsion à sa campagne européenne contre la précarité, lancée en juillet dernier. La récession économique planétaire, présente dans tous les esprits, a concentré les convergences entre les formations qui composent le PGE sur l’essentiel: l’urgente nécessité « d’un secteur public de financement de l’économie » et d’une réorientation radicale de la politique monétaire, avec une Banque centrale européenne sous contrôle démocratique.
« Les expériences dont nous font part les salariés, dans les pays de l’Union où la poste a été privatisée, sont éloquentes. Avec la précarisation des agents dans ce secteur, les dysfonctionnements dans l’acheminement du courrier sont devenus monnaie courante », souligne, à titre d’exemple, Christine Mendelsohn, représentante du PCF au sein du PGE.
En Pologne, c’est la privatisation brutale du système de santé qui soulève à présent de vives protestations. D’autres batailles sont sur les rails: des étudiants polonais et italiens ont profité de cette réunion pour dénoncer « une fac à deux vitesses » ou encore les pratiques de l’enseignement privé, qui n’hésite plus à user du lobbying pour grignoter le secteur public de l’éducation.
« Au cours des dix dernières années, 8,6 % du PIB européen ont été transférés du travail vers le capital. Nous devons actionner tous les leviers politiques et économiques pour inverser cette logique », réclame l’un des tracts de campagne édités par le PGE. Alors que la crise n’en finit pas de sévir, les participants ont unanimement dénoncé « des politiques basées sur l’endettement plutôt que sur l’augmentation des salaires ». Prochain rendez-vous de cette mobilisation: le PGE compte sur une convergence avec le Forum social européen (FSE) pour programmer une manifestation à Francfort, devant le siège de la BCE, « symbole de l’affrontement de classes entre travail et capital ».
Frédéric Durand
(c) L'Humanité 2008